PAROLE DE TRAILEUSE

Nous ne faisons qu’en entendre parler et pour cause, le trail c’est « in » car cela regroupe le côté sportif, l’aspect nature et la liberté. Mais concrètement, qu’est-ce que c’est ? De quoi avons-nous besoin ? Pouvons-nous tous le pratiquer ? Partout ? Marie DOHIN nous parle de sa passion et nous explique le trail en passant par tous les chemins !

Marie dohin trail meribel

Rencontre avec Marie DOHIN
Méribel Élite

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le trail, cette fameuse « course en nature » ?

Nous parlons de trail quand nous parlons de pratique de course à pied dans un environnement nature. À partir du moment où nous courons en nature, nous faisons du trail. Cela englobe toute une diversité de types de courses en nature dans des territoires différents.

Il n’y a pas réellement de notion de distance. Ce n’est pas parce que nous faisons seulement 5 kilomètres que ce n’est pas du trail ! C’est vrai que nous entendons beaucoup parler dans les médias d’ultra-trail avec des distances toujours plus longues, mais le trail c’est la course en nature qui permet de déconnecter, de découvrir de nouveaux paysages et qui est accessible à tout le monde, sur tout type de distance.

Il permet aussi de s’exprimer véritablement selon l’environnement dans lequel nous sommes dans le sens où la notion de chrono n’est pas révélatrice. Cela est dû à la typologie du parcours, le pourcentage des pentes, les conditions du terrain… Celles-ci ne seront jamais les mêmes malgré un kilométrage et un dénivelé identique. Il n’y a donc pas la même pression par rapport au temps, mais plus par rapport aux défis de remonter, de descendre, d’aller découvrir d’autres points de vue, d’autres endroits.

Qui dit course en nature dit quand même dénivelé, et donc une approche avec des montées et des descentes. Certes, le dénivelé ne se sera pas le même chez nous en Savoie dans une station, qu’en ville mais c’est pour ça qu’il y a désormais un autre mouvement, la pratique de trails urbains. Là les coureurs font du dénivelé en ville avec des petits passages dans les parcs et, peuvent donc se revendiquer aussi dans ce mouvement de trail.

Par exemple, il y a un grand trail à Paris qui s’appelle l’éco-trail. Il se passe beaucoup dans les forêts environnantes et se termine en remontant la Tour Eiffel. Même si ça pourrait paraitre relativement plat, il y a quand même du dénivelé !


Pouvez-vous nous donnez le trail « STARTER PACK» ?

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Il vous d’abord faut une bonne paire de chaussures pour un bon maintien des pieds, pour aller loin et pour évoluer en toute sécurité. C’est un type de chaussures un peu différent de celui de la course sur route comportant un système de cramponnage pour plus d’accroche dans la nature et qui est plus approprié dans les sentiers. Maintenant toutes les marques et les spécialistes en font.

La tenue est plus propre à chacun et à son style mais c’est sensiblement la même qu’une tenue de course classique. En revanche, la spécificité du trail c’est qu’on peut être amené à courir sur plusieurs heures ou être sur un parcours aventureux ou autre, alors il est recommandé de prévoir un coupe-vent et un rechange. Aussi parce que nous ne savons pas comment peuvent évoluer les conditions météo. 

Un outil d’hydratation est aussi indispensable. Il existe des ceintures avec des portes gourdes qui sont très bien pour les courtes distances, sinon nous pouvons nous munir d’un sac d’hydratation spécialisé.

Les bâtons ne sont pas une obligation, même si cela peut être utile en montagne. Cela peut être autant une aide phénoménale qu’un fardeau si nous ne savons pas s’en servir. Un débutant n’a pas forcément la nécessité d’en avoir sauf s’il a déjà fait beaucoup de randonnées. Dans ce cas, il peut prendre le même type de bâton et se réhabituer avec. 

Le téléphone portable peut être aussi utile. Tout d’abord pour prendre des photos pendant son parcours - ce qui n’est pas négligeable - mais aussi pour prévenir les secours s’il arrivequelque chose. Mais aussi il peut servir à se faire guider et retrouver les itinéraires de Méribel grâce à certaines applications, comme celle de la station ou encore Trace Trail.

Comme le trail se pratique aussi en autonomie et en environnement naturel, nous pouvons prendre un aspi-venin pour être paré à tout ce qu’on peut avoir comme éventualité de rencontre.

Depuis combien de temps pratiquez-vous le trail ?

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J’ai commencé tôt avec l’athlétisme et la course sur route mais, je pratique le trail depuis une dizaine d’années. C’était une évolution naturelle de ma pratique sportive du fait de la géographie. En habitant à Méribel, spontanément la pratique de la course devient du trail.

Qu’aimez- vous le plus dans ce sport ?

La possibilité de découverte en rando-course en trail, c’est-à-dire marcher dans les montées et courir dans les descentes et sur le plat. En trailant ainsi 3-4h, il est possible de découvrir énormément de territoires, de panoramas, de montagnes... J’en fais beaucoup lorsque je voyage et cela me permet d’obtenir un aperçu beaucoup plus vaste en me servant simplement de mes jambes comme moyen de locomotion.

Ce qui est intéressant aussi c’est qu’à la différence de la course sur route, nous ne savons pas tous les km combien il va nous en rester. Quand nous réalisons un parcours, nous le découpons en termes de montées/descentes et de changement de vallées effectué.

L’entrainement varié permet de profiter de l’excuse de se dire « on va aller s’entrainer » pour passer de supers week-ends dans des géographies montagneuses.

Quelle est votre recette pour vous entrainer ?

Je m’entraine 6x/semaine et toute l’année, été comme hiver. À Méribel nous pouvons varier les pratiques pour ne pas se lasser et traumatiser le corps. L’été nous pouvons faire du vélo de route ou du VTT, et l’hiver du ski de fond ou du ski de randonnée.

En complément, je fais du renforcement musculaire. Il est important d’en faire pour éviter les blessures, favoriser la récupération, travailler le haut du corps, notamment pour se servir des bâtons. Je fais aussi du gainage et des étirements type yoga-détente car cela permet de donner de la souplesse aux muscles. Un muscle souple aura moins de chance de se blesser et plus de capacités à évoluer dans des milieux un peu escarpés.

Je m’entraine entre midi et deux comme je travaille la semaine. C’est tout une logistique pour pouvoir gérer ce rythme mais cela offre un réel sas de décompression. En courant, même si nous profitons de l’environnement dans lequel nous sommes, c’est une occasion aussi pour déconnecter par rapport au travail, ou pour réfléchir à des problématiques et en trouver parfois même les solutions ! Les week-ends j’en profite pour aller un peu plus loin et courir un peu plus longtemps. C’est un équilibre que je me suis approprié, qui occupe bien et j’adore ça ! Cela fait parti de mon quotidien.

Combien de temps courrez-vous ? Est-ce-que les distances sont toujours très longues ?

Alors non c’est ce que nous disions au début, le trail ne comporte pas forcément des distances très longues. Il est vrai qu’il y a une surenchère par rapport aux ultra trails, et j’avoue y avoir aussi succombé.

Médiatiquement, les distances les plus longues sont les distances qui sont les plus valorisées, alors qu’honnêtement quelques fois faire 40km de façon intense c’est plus difficile que du trail « très long ». Mais dans le « très long » il y a cette notion de dépassement de soi, celle de repousser ses limites le plus loin possible qui challenge beaucoup de coureurs. C’est aussi la perspective de vivre une aventure aussi bien en solo, qu’avec les personnes qui nous entourent et nous encouragent tout au long de la course.

Est-ce-que l’entrainement est différent de la course sur route ?

Oui mais ce n’est pas parce que nous n’habitons pas en montagne que nous ne pouvons pas bien s’entrainer en trail. C’est pour ça qu’en habitant en milieu urbain, en complément d’une pratique régulière de la course à pied en s’adaptant à son environnement géographie, il faut venir de temps en temps faire des week-ends « chocs » en montagne  Cela consiste à intégrer du dénivelé dans sa préparation, un plus gros volume d’heures d’entrainement pour notamment préparer les muscles pour les descentes. Et pour cela Méribel est un lieu idéal avec ses itinéraires nombreux et variés.


Parlez-nous de la communauté trail... 

Sur une course sur route, le but est de faire le meilleur temps alors tout le monde est obsédé par son chrono ! Au trail quand quelqu’un traverse un moment de difficulté ou un super panorama, chacun lève la tête et a un petit mot avec la personne de devant et de derrière. Il y a des valeurs autre que le dépassement de soi qui sont là. Des valeurs de découverte, de partage, et aussi tout ce qui est lié à l’aspect environnemental.

Les organisateurs essayent aussi de valoriser leur territoire et les petits producteurs sous toutes leurs formes, comme au Méribel Trail par exemple. Nous valorisons notre territoire en proposant des parcours avec les plus beaux points de vue de la vallée. À l’arrivée, nous rejoignons les bénévoles du coin qui nous ont encouragés et partageons avec eux la bière locale et les bons produits locaux. C’est appréciable d’aller dans cette logique de découverte qui passe aussi par la gastronomie et ce qu’il peut y avoir autour d’un territoire.

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Quel a été votre plus grand trail ?

La Courmayeur Champex Chamonix, qui est une des courses de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (évènement qui regroupe 7 trails dont 4 ultra-trails traversant 3 pays, 3 régions et 18 communes). Je l’ai fait deux fois et cela représente 100 km sur 6000m de dénivelé positif. J’aime ces efforts longs pour vivre une réelle expérience. Même si j’ai couru seule, je ne l’étais pas vraiment. Que ce soit avant pour les entrainements ou pendant la course, mon conjoint et les membres du club de Méribel Sport Montagne étaient à mes petits soins à chaque point de ravitaillement. Heureusement qu’ils étaient là car la météo n’était pas terrible l’été dernier et j’ai dû me changer 3 fois intégralement tellement il avait plu. Ils m’ont bien aidé en séchant mes affaires dans la voiture pour pouvoir me les repasser ensuite. Ils ont vraiment vécu la course avec moi et la notion de partage du trail se retrouve également là !


Est-ce-que Méribel est un emplacement idéal pour le trail ? Que ce soit pour les aguerris mais aussi les débutants ? 

Méribel est pour moi un spot sensationnel pour préparer mes compétitions trail car c’est au cœur des 3 Vallées. Qui dit au cœur de plusieurs vallées dit la possibilité de basculer et de rayonner d’une vallée à une autre facilement ! C’est valorisant de se dire par exemple qu’en courant je suis allée de Méribel à Pralognan ou que j’ai été faire un tour à la vallée des Belleville pour rejoindre des amis en courant.

Il y a des chemins pentus comme au Col de la Loze, où la descente un peu compliquée pour quelqu’un de non aguerri et demande un gros travail de concentration. Mais pour autant, il y a tout type de terrains dont des chemins beaucoup plus faciles et abordables comme au Lac de Tuéda ou au refuge du Saut. Donc le terrain de jeux est fabuleux car il permet aussi bien de faire une très bonne session trail sur un terrain relativement plat, comme sur des sommets les plus emblématiques de Méribel.

En fait, le traileur fou peut partir faire 50-60 km sur une journée en prenant une bonne dose de plaisir, et le traileur débutant peut faire 10-15km assez facilement sur des parcours plats/semi-plats et avoir une approche progressive vis à vis de la montagne. À moins bien sûr que nous avons envie de faire que du bitume avec les lacets, mais pour moi c’est passer à côté de quelque chose.


Quel est votre parcours préféré ?

J'en ai deux ! D’abord le tour de l’Aiguille de Fruit parce que c’est pour moi une de nos plus jolies montagnes. Cela permet de passer par le magnifique plateau de la Plagne dans le Parc National de la Vanoise et de basculer ensuite sur Courchevel avant de revenir sur Méribel, en passant par des endroits remarquables comme les Lacs Merlet.

Ensuite j’adore monter sur les crètes Tougnète et rebasculer sur Mottaret. Ce parcours a une diversité de sentiers très intéressants offrant des vues grandioses, des panoramas différents, des singles, des sentiers ludiques... Avec en bonus, la capacité de déconnecter et de bien se défier !

J’aime bien comparer aussi les sentiers l’été avec les pistes de ski. Il y a des endroits dans lesquels nous passons l’hiver qui peuvent paraitre raides et qui sont finalement plats en courant et vice versa !

Vous arrive-t-il de voir des animaux ?

L’animal que nous voyons et entendons le plus c’est la marmotte ! Il y en a énormément surtout dans le Parc National de la Vanoise. Parfois, nous sommes encore plus chanceux et nous apercevons quelques biches, cerfs, chamois (le secret spot : l’Aiguille du Fruit !). Cela fait partit des belles rencontres que nous adorons et des expériences que nous avons envie d’avoir quand on part faire du trail.


Quel évènement attendez-vous le plus cet été ?

Le Méribel Trail parce-que cela fera parti des championnats de France et que Méribel Sport Montagne sera mobilisé. C’est une très belle façon de pouvoir promouvoir l’offre trail auprès de beaucoup de français et d’étrangers.


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Live

Lundi 19 Août 2019

Méribel

Tendance du jour à 4100m d'altitude

Météolundi 19 août 2019

Visibilité : 100m à 500m
Ciel variable, pluie faible
9 km/h 13°C 1450m
15 km/h 3°C 2700m
Tout le bulletin météo

Météomardi 20 août 2019

Visibilité : + de 10km
Couvert, pluie faible
10 km/h 13°C 1450m
15 km/h 4°C 2700m
Tout le bulletin météo

Météomercredi 21 août 2019

Visibilité : + de 10km
Belles éclaircies, passages nuageux
8 km/h 9°C 1450m
10 km/h 2°C 2700m
Tout le bulletin météo